La lettre volée, politique, lectures, Europe et humeurs diverses
Pour faire simple, le résultat de cette étude est de montrer que plus un pays est ouvert sur l'extérieur, plus le poids des dépenses publiques y est faible. Tout se passe comme si, alors que l'ouverture rend nécessaire une couverture sociale plus importante (pour compenser la plus forte volatilité), l'ouverture érodait ces moyens.
En attendant que notre bonne Union européenne se convertisse au toddisme, nous continuerons donc à assister à la lente attrition de nos système de protection sociale, avec les compliments du Parti Socialiste.
(pour terminer sur Todd, je note qu'Obama a attaqué la Chine bille en tête sur la dévaluation de sa monnaie : le véritable protectionnisme intelligent consiste à réclamer de justes parités monétaires, pas des quotas ni des taxes).
-qui ont une taille très différente: ainsi, les USA, par leur économie de taille continentale, auront forcément un ratio (importations+exportations)/PIB plus bas qu'un petit pays au coeur d'une intense zone commerciale comme les Pays-Bas, et ce quand bien même les deux pays auraient des gouvernements qui mèneraient exactement les mêmes politiques en matière de recherche d'ouverture à l'économie mondialisée;
-qui ont un niveau de développement différents. La Corée du Sud (qui a déjà bien entamé la hausse de ses prélèvements obligatoires) ou la Turquie ne pouvaient encore, il y a quelques années, être comparée à des pays européens. Comme l'indique François, le niveau de développement fait naître des besoins nouveaux en dépenses de santé (c'est un bien de luxe) et en retraites (par le vieillissement de la population qu'il permet). Donc à même niveau d'ouverture, on ne peut pas avoir le même niveau de dépenses publiques selon le développement de la société.
Disons qu'après cette étude il est difficile d'affirmer que la mondialisation favorise la croissance des dépenses publiques.
Pour Alesina, c'est l'homogénéité sociologique d'un pays qui favorise la croissance des dépenses publiques. En gros, aux Etats-Unis un WASP refusera de payer des impôts pour les dépenses sociales de noirs. Alors qu'un suédois ne rechignera pas à la dépense publique parce qu'il sait qu'elle bénéficie à des "suédois de souche". Pas très enthousiasmant comme morale mais il a trouvé un jeu de statistiques qui collait avec son hypothèse (réf. : http://www.lalettrevolee.net/article-4675976.html).
Il y a nombre d'autres explications/corrélations pour expliquer la variation des dépenses publiques, mais l'idée que la mondialisation actuelle, toutes choses égales par ailleurs, entraîne une compression des salaires et pèse sur les budgets publics ne me paraît pas excessive.
l'hypothèse d'Alesina part du principe que les gens "acceptent" ou pas de payer des cotisations, mais le montant de la dépense dépend-il vraiment d'une "acceptation" ?
est-on sûr en ce moment que le brésil et le vénézuela (pour ne pas citer Cuba) pays à très forte hétérogénéité raciale ont moins de dépenses sociales que le Chili (pays plus homogène) ?
le "ceteris paribus" en économie est un gros problème...
et la différence entre causalité et corrélation en sciences humaines en est un autre...
la mondialisation libérale comprime les budgets public, ça va de soi, parce qu'elle est conçue à cet effet
voilà pourquoi on attend une révolution socialiste aux Etats-Unis, qui orienterait la mondialisation dans un autre sens... mais Barack n'en prend pas le chemin, je crois...
Pas besoin d'émettre des gloses à ce sujet, la dérégelemntation est un choix politique de la droite, mais c'est son travail de mandataire, et de la gauche, c'est sa traitrise.