La lettre volée, politique, lectures, Europe et humeurs diverses
« Au XIIIème siècle, l'Europe est unifiée par la foi chrétienne. Elle s'organise autour d'un centre de pouvoir, Rome, où siègent les successeurs de saint-Pierre.
Elle s'articule autour d'un réseau d'églises, construites dans le même style architectural roman puis gothique, utilisant le même calendrier et la même liturgie, développant des routes de
pélerinage sillonnant l'Europe. L'unité culturelle est notablement façonnée par le réseau d'universités qui lie les élites européennes : de Cracovie à Louvain, de la Sorbonne à Salamanque, le même
corpus est enseigné (largement inspiré de l'aristotélisme), les mêmes méthodes d'enseignement sont utilisées (la dissertation, le débat contradictoire), les mêmes disciplines sont pratiquées
(logique, rhétorique...), la même langue - le latin - est employée avec des grades valables dans toute l'Europe : c'est la licentia ubique docendi [droit d'enseigner en tout lieu]. La
chrétienté est européenne par vocation, ainsi que l'exprimera le pape Pie II »
in Olivier Ferrand, l'Europe contre l'Europe
Les partisans de l'Union européenne ne pourront l'emporter qu'en tâchant de faire revivre deux éléments caractéristiques de cet empire européen dont ils sont nostalgiques : l'anglais comme langue unique et substitut du latin, et le catholicisme comme loi commune. Pas sûr qu'ils en soient tous conscients. Olivier Ferrand a le mérite de nous prévenir sur ce point.
in Olivier Ferrand, l'Europe contre l'Europe
Les partisans de l'Union européenne ne pourront l'emporter qu'en tâchant de faire revivre deux éléments caractéristiques de cet empire européen dont ils sont nostalgiques : l'anglais comme langue unique et substitut du latin, et le catholicisme comme loi commune. Pas sûr qu'ils en soient tous conscients. Olivier Ferrand a le mérite de nous prévenir sur ce point.
Sam 26 sep 2009
3 commentaires
Salut Antoine,
Oui, bien sûr. Je suis tombé en librairie sur "les grecs, les arabes et nous, enquête sur l'islamophobie savante", un ouvrage collectif qui dénonce ce mythe d'un occident délivré de tout héritage et de toute dette envers la civilisation arabe. J'imagine que c'est une réponse au livre de gouguenheim, aristote au mont saint michel.
olivier ferrand construit, comme tout les européistes, une histoire de l'europe en vingt pages, qui montre comment l'Europe doit arriver comme un fait naturel. C'est bien évidemment de la propagande, pas de l'histoire.
il cite le discours de 1849 de Hugo sans rappeler que Hugo appelait à une Europe leader d'un monde chrétien, faisant régner l'évangile, la race blanche éclairant le monde.
comme d'habitude, le discours sur l'europe est approximatif, tronqué et dépourvu de toute complexité.
Il reste qu'il est important de noter que le mythe du saint empire occidental et chrétien a un attrait certain sur les défenseurs de la (re)construction européenne. après tout, le prix le plus prestigieux qu'aiment à se décerner les grands européens est le prix Charlemagne.
Oui, bien sûr. Je suis tombé en librairie sur "les grecs, les arabes et nous, enquête sur l'islamophobie savante", un ouvrage collectif qui dénonce ce mythe d'un occident délivré de tout héritage et de toute dette envers la civilisation arabe. J'imagine que c'est une réponse au livre de gouguenheim, aristote au mont saint michel.
olivier ferrand construit, comme tout les européistes, une histoire de l'europe en vingt pages, qui montre comment l'Europe doit arriver comme un fait naturel. C'est bien évidemment de la propagande, pas de l'histoire.
il cite le discours de 1849 de Hugo sans rappeler que Hugo appelait à une Europe leader d'un monde chrétien, faisant régner l'évangile, la race blanche éclairant le monde.
comme d'habitude, le discours sur l'europe est approximatif, tronqué et dépourvu de toute complexité.
Il reste qu'il est important de noter que le mythe du saint empire occidental et chrétien a un attrait certain sur les défenseurs de la (re)construction européenne. après tout, le prix le plus prestigieux qu'aiment à se décerner les grands européens est le prix Charlemagne.
edgar - le 27/09/2009 à 11h05
Je crois davantage à un front anti-islamique pour affirmer ces valeurs chrétiennes plutôt qu'à leur épanouïssement naturel.
Enfin à en croire un billet sur dedefensa.org, il semblerait que l'affaire du traité de Lisbonne ne soit pas encore gagné:
1) Malgré la carotte et les menaces de Baroso, malgré l'engagement du clergé Irlandais en faveur du oui, les indécis restent nombreux en Irlande. (Néanmoins, je pense malheureusement que les jeux sont faits en Irlande.).
2) Le traité pourrait surtout être retardé, selon un axe de refus anglo-tchèque qui pourrait s'affirmer après les élections législatives du printemps en angleterre.
http://www.dedefensa.org/article-la_derniere_menace_contre_le_traite_de_lisbonne_l_axe_cameron-klaus_26_09_2009.html
Evidemment je préfére ne pas avoir à soutenir cette drôle d'alliance qui aurait pour moi la fraîcheur du pacte germano-soviétique.
En attendant, donc tout faire pour soutenir les Irlandais, mais il faut vraiment avoir la foie:
http://www.irish-friends-vote-no-for-me.org/index.php?set_language=fr&cccpag
http://www.no-means-no.eu
Enfin à en croire un billet sur dedefensa.org, il semblerait que l'affaire du traité de Lisbonne ne soit pas encore gagné:
1) Malgré la carotte et les menaces de Baroso, malgré l'engagement du clergé Irlandais en faveur du oui, les indécis restent nombreux en Irlande. (Néanmoins, je pense malheureusement que les jeux sont faits en Irlande.).
2) Le traité pourrait surtout être retardé, selon un axe de refus anglo-tchèque qui pourrait s'affirmer après les élections législatives du printemps en angleterre.
http://www.dedefensa.org/article-la_derniere_menace_contre_le_traite_de_lisbonne_l_axe_cameron-klaus_26_09_2009.html
Evidemment je préfére ne pas avoir à soutenir cette drôle d'alliance qui aurait pour moi la fraîcheur du pacte germano-soviétique.
En attendant, donc tout faire pour soutenir les Irlandais, mais il faut vraiment avoir la foie:
http://www.irish-friends-vote-no-for-me.org/index.php?set_language=fr&cccpag
http://www.no-means-no.eu
Sybille - le 27/09/2009 à 11h31
Saint Augustin est né en Algérie, il a étudié et enseigné à Carthage et à Rome avant de revenir en Algérie…
Averroès est né en espagne, il a exercé comme juriste à Marrakech, Fès et Cordoue…
Deux des plus importants conciles de l'histoire du christiansime se sont tenus à Nicée, en Turquie (mais peut-être la Turquie fait-elle partie de l'Europe, alors ?)…
C'est une réalité que les tenants d'une stricte identité entre Europe et chrétienté s'obstinent à nier, que les liens intellectuels entre le monde musulman et le monde chrétien ont été riches, profonds et continus au Moyen-Âge.