La lettre volée, politique, lectures, Europe et humeurs diverses
Le paysage politique français aujourd'hui, c'est plat unique. Personne ne propose ni de revenir au Franc, ni de sortir de l'Union européenne. Sur un point majeur de
la politique économique, la politique monétaire, il n'y a donc qu'un seul objectif : 2% d'inflation maximum.
Après, les partis français sont libres d'apporter leur petite note, l'orchestre joue à Francfort :
LO : 2% de quoi ?
NPA : 2% d'inflation, oui mais tous ensemble, tous ensemble, ouais, ouais !
Front de gauche : 2% oui, mais après le front populaire européen, ça ira mieux...
Parti Socialiste : On a obtenu 2%, c'est mieux que 0
Modem : François Bayrou étant injoignable, 2% c'est très bien
UMP : 2% d'inflation c'est très bien, il faut juste que l'Allemagne baisse ses impôts
FN : 2% de bronzés c'est deux de trop.
Ca c'est le cadre général de la politique française aujourd'hui : mortifère et anesthésiant.
A côté de cela, voter sur le tarif du ticket de métro quand, sur la politique monétaire et sur tant d'autres sujets, il est admis que le vote ne peut avoir d'effet, cela relève du débat de fin de soirée trop arrosée.
Il n'empêche qu'entendre son fils dire à un copain "moi mon papa il n'a pas voté", ça fait bizarre.
J'irai donc sans doute glisser dimanche un bulletin nul, voire Huchon si jamais j'ai bien bu la veille et que je suis d'humeur guillerette.
D'un autre côté, voter c'est cautionner un système qui refuse de voir ses échecs. Quand Duhamel dans sa chronique de Libération écrit que le vote devrait être obligatoire, sans rappeler que lorsque le taux de participation a atteint des records, lors du rejet de la Constitution européenne, la voix du peuple français a été bafouée, il ne mérite que mépris.
L'idéal de la clique politico médiatique c'est cela : des think tanks financés par des entreprises, promettant des idées formatées, des primaires drivées du début jusqu'à la fin par les sondages, une élection verrouillée avec enthousiasme obligatoire ; bref, un système fonctionnant en vase clos mais préservant les apparences de la démocratie et débarassé des dangers du suffrage (il y avait encore un papier de Pierre rosanvallon dans Libé ce matin, oligarque rejetant la loi des élections).
Et quand on lit ici ou là que l'abstention n'a pas de signification, on a envie de persister dans l'affirmation que l'abstention constitue aussi le rejet d'un système totalement et absurdement verrouillé.
J'hésite encore...
*
2% d'inflation, après tout pourquoi pas pourrait-on dire ? Sauf que le chef économiste du Fonds monétaire International a recommandé récemment de viser plutôt 4% que 2%, avec plein de bonnes raisons. Il parle depuis un lieu où la pensée est encore à peu près libre faut-il croire...
Après, les partis français sont libres d'apporter leur petite note, l'orchestre joue à Francfort :
LO : 2% de quoi ?
NPA : 2% d'inflation, oui mais tous ensemble, tous ensemble, ouais, ouais !
Front de gauche : 2% oui, mais après le front populaire européen, ça ira mieux...
Parti Socialiste : On a obtenu 2%, c'est mieux que 0
Modem : François Bayrou étant injoignable, 2% c'est très bien
UMP : 2% d'inflation c'est très bien, il faut juste que l'Allemagne baisse ses impôts
FN : 2% de bronzés c'est deux de trop.
Ca c'est le cadre général de la politique française aujourd'hui : mortifère et anesthésiant.
A côté de cela, voter sur le tarif du ticket de métro quand, sur la politique monétaire et sur tant d'autres sujets, il est admis que le vote ne peut avoir d'effet, cela relève du débat de fin de soirée trop arrosée.
Il n'empêche qu'entendre son fils dire à un copain "moi mon papa il n'a pas voté", ça fait bizarre.
J'irai donc sans doute glisser dimanche un bulletin nul, voire Huchon si jamais j'ai bien bu la veille et que je suis d'humeur guillerette.
D'un autre côté, voter c'est cautionner un système qui refuse de voir ses échecs. Quand Duhamel dans sa chronique de Libération écrit que le vote devrait être obligatoire, sans rappeler que lorsque le taux de participation a atteint des records, lors du rejet de la Constitution européenne, la voix du peuple français a été bafouée, il ne mérite que mépris.
L'idéal de la clique politico médiatique c'est cela : des think tanks financés par des entreprises, promettant des idées formatées, des primaires drivées du début jusqu'à la fin par les sondages, une élection verrouillée avec enthousiasme obligatoire ; bref, un système fonctionnant en vase clos mais préservant les apparences de la démocratie et débarassé des dangers du suffrage (il y avait encore un papier de Pierre rosanvallon dans Libé ce matin, oligarque rejetant la loi des élections).
Et quand on lit ici ou là que l'abstention n'a pas de signification, on a envie de persister dans l'affirmation que l'abstention constitue aussi le rejet d'un système totalement et absurdement verrouillé.
J'hésite encore...
*
2% d'inflation, après tout pourquoi pas pourrait-on dire ? Sauf que le chef économiste du Fonds monétaire International a recommandé récemment de viser plutôt 4% que 2%, avec plein de bonnes raisons. Il parle depuis un lieu où la pensée est encore à peu près libre faut-il croire...
Jeu 18 mar 2010
6 commentaires
Moi je serai fier quand mon fils dira à l'école : "Mon papa il vote pas". Mais je n'ai pas d'ancêtres protestants il est vrai, du moins pas depuis 1620.
Alonso - le 19/03/2010 à 01h10
Avant de voter : lire sur mon site, l'article "Trois jours avant le second tour".
Pour avoir des compléments d'information !
Avec mes amitiés.
JL
Pour avoir des compléments d'information !
Avec mes amitiés.
JL
Jean LEVY - le 19/03/2010 à 11h37
Je te comprends Edgar, moi aussi je suis partagé, ma compagne n'a pas voté, elle m'a dit : « Y'en a marre, voter ne sert plus à rien, ils font ce qu'ils ont décidés et puis c'est tout.». J'hésite à voter socialo ou mettre ce tract dans l'enveloppe :
http://www.parti-ouvrier-independant.com/spip/spip.php?page=imprimir_articulo&id_article=793
gilles - le 19/03/2010 à 12h14
Je crois qu'il était plus utile de voter à cette election au premier tour.
N'ayant pas plus que vous envie de me déterminer politiquement sur le choix du prix d'un ticket de transport ou du sens de circulation du bus, je ne me déplacerais ce WE que pour un bulletin blanc. Si jamais je n'ai pas trop la flème.
N'ayant pas plus que vous envie de me déterminer politiquement sur le choix du prix d'un ticket de transport ou du sens de circulation du bus, je ne me déplacerais ce WE que pour un bulletin blanc. Si jamais je n'ai pas trop la flème.
justin - le 19/03/2010 à 13h07
Quand on lit les articles ici ou là cités ci-dessus de ceux qui croient encore mordicus au droit de vote et qui fustigent les abstentionnistes on se demande si ce n'est pas un sorte de râle
agonisant, un ultime soubresaut, un espoir suprême ... avant la fin.
La fin en revanche, elle se prépare ici.
Dimanche, je n'irai pas voter ou j'irai voter nul pour faire plaisir à ma maman, goûter le charme des journées électorales dans les halles d'écoles, et voir l'engouement bon enfant de ceux qui s'apprêtent à dépouiller les bulletins ; car j'ai cru en tout cela.
La fin en revanche, elle se prépare ici.
Dimanche, je n'irai pas voter ou j'irai voter nul pour faire plaisir à ma maman, goûter le charme des journées électorales dans les halles d'écoles, et voir l'engouement bon enfant de ceux qui s'apprêtent à dépouiller les bulletins ; car j'ai cru en tout cela.
Autant en emporte le vent - le 19/03/2010 à 16h15
Edgard à trouvé sa voie : allez vers les 2% de votants ! le pire c'est qu'il à peut être raison.