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    <title><![CDATA[La lettre vol&eacute;e, politique, lectures, Europe et humeurs diverses (Economie)]]></title>
    <link>http://www.lalettrevolee.net/categorie-308515.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Economie&quot; du blog &quot;La lettre vol&amp;eacute;e, politique, lectures, Europe et humeurs diverses&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Sat, 18 Feb 2012 21:39:25 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Sat, 18 Feb 2012 21:39:25 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.lalettrevolee.net</copyright>            <category>Economie</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Keynes le déglobalisateur]]></title>
        <link>http://www.lalettrevolee.net/article-keynes-le-deglobalisateur-97832987.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-size: 12pt;">Il se peut qu'un calcul financier montre que j'aurais avantage à investir mon épargne dans un coin quelconque du monde habité offrant la plus grande efficacité
    marginale du capital ou le taux d'intérêt le plus élevé. Mais l'expérience prouve de plus en plus que <strong>la distance entre la propriété et la gestion introduit un poison dans les rapports
    humains</strong>, et que celui-ci, à long terme, risque de provoquer ou provoquera à coup sûr des tensions et des inimitiés qui réduiront à néant le calcul financier.</span></em>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-size: 12pt;">Je sympathise, par conséquent, avec ceux qui souhaiteraient réduire au minimum l'interdépendance entre les nations, plutôt qu'avec ceux qui souhaiteraient la
    porter à son maximum.</span></em>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-size: 12pt;">Les idées, la connaissance, l'art, l'hospitalité, les voyages : ce sont là des choses qui, par nature, doivent être internationales. Mais produisons les
    marchandises chez nous chaque fois que c'est raisonnablement et pratiquement possible ; et surtout, faisons en sorte que la finance soit en priorité nationale. [...] pour ces bonnes raisons,
    <strong>je suis enclin à croire [...qu'un] degré plus élevé d'autosuffisance nationale et un isolement économique entre les pays plus grand qu'en 1914 pourront servir la cause de la paix, plutôt
    que l'inverse</strong>.</span></em>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: right;">
    <span style="font-size: 12pt;">J. M. Keynes. L'autosuffisance nationale, juillet 1933.</span>
  </p>
  <p style="text-align: right;">
    <span style="font-size: 12pt;"><em>in</em> <span style="text-decoration: underline;">La pauvreté dans l'abondance</span>, recueil de textes.</span>
  </p>
  <p style="text-align: right;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Passage extraordinairement riche de Keynes. Il condamne d'un coup la financiarisation des rapports économiques ("</span><em><span style="font-size: 12pt;">la
    distance entre la propriété et la gestion introduit un poison dans les rapports humains"</span></em><span style="font-size: 12pt;">). Il ajoute à cela la condamnation de la trop grande dépendance
    financière entre nations. Dans une vision extrêmement morale de l'économie, il place les arts et lettres au delà de tout. Le commerce de biens matériels étant subalterne, il peut être limité et
    encadré sans dommage.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Pensée humaniste et réalisme économique sont ici profondément imbriqués. Le lecteur de 2011 pourra penser que lorsque Dani Rodrik <a href=
    "http://www.project-syndicate.org/commentary/rodrik50/French">rejette l'excès de gouvernance mondiale</a>, il ne fait que poursuivre directement ces réflexions.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Le lecteur de 2011 pourra aussi penser que l'harmonisation forcenée menée dans le cadre des politiques européennes prépare sinon les prochaines guerres, du moins
    des troubles sociaux gravissimes. Laissons les pays respirer, vivre leurs expériences économiques en évitant de prêter trop de poids à des politiques d'uniformisation économique (et politique)
    qui n'ont aucun intérêt ; sinon de contraindre la totalité des états membres à adopter des politiques inadaptées.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 24 Jan 2012 22:14:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ea4db80417c18db3e76108d210e627fb</guid>
                <category>Economie</category>        <comments>http://www.lalettrevolee.net/article-keynes-le-deglobalisateur-97832987-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Sur la démondialisation : Global trade and conflicting national interests, Gomory et Baumol]]></title>
        <link>http://www.lalettrevolee.net/article-global-trade-and-conflicting-national-interests-gomory-et-baumol-85310724.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-size: 12pt;"><img alt="global.jpg" height="300" width="207" class="noAlign" src="http://idata.over-blog.com/0/11/19/18/2011/global.jpg"></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Baumol est un économiste renommé - qui va aujourd'hui sur ses 90 ans ; le livre a été publié en 2000 - et qui a été président de l'association des économistes
    américains. Il est l'auteur entre autres d'un modèle d'explication de la demande de monnaie, d'articles sur l'entreprenariat. Un auteur à la compétence assez incontestable donc, de tendance
    néoclassique. Ralph Gomory a été directeur de la recherche chez IBM à l'époque où IBM dominait la sphère technologique - deux prix nobels de physique ont été attribués à des chercheurs d'IBM à
    l'époque où Gomory - mathématicien de formation - était leur patron. &nbsp;C'est lui qui a validé la démarche de modélisation qui est suivie tout au long du livre.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Un couple d'auteurs solides donc pour écrire sur un sujet brûlant : la globalisation.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; &nbsp; C'est un livre de recherche en économie. Je l'ai lu en anglais car il n'a pas été traduit. Je me limiterais à résumer les conclusions des auteurs, car
    même en français je n'ai pas les moyens de les vérifier (faute de compétences en modélisation et mathématiques). Mais comme le livre a été jugé excellent par un auteur comme Jagdish Bhagwati,
    défenseur du libre-échange et spécialiste du commerce international, je pense que les éléments de démonstration qui sous-tendent leurs conclusions se tiennent. Le livre date déjà et n'a pas fait
    de bruit semble-t-il. Probablement que l'enthousiasme pro-globalisation de Krugman a détourné l'attention du public. &nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;Commençons par leurs conclusions :</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">1. Quand la théorie des avantages comparatifs a été établie, le commerce international représentait 1% de l'activité économique. Les avantages comparatifs étaient,
    par ailleurs, largement fixes, liés à des "avantages naturels".</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">2. Aujourd'hui les avantages comparatifs peuvent être acquis par n'importe quel pays, les rendements sont largement croissants et les avantages retirés d'une
    activité économique restent largement locaux. Les bénéfices rapatriés dans le pays d'origine des sociétés ne sont qu'une fraction minoritaire de la valeur ajoutée.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; &nbsp;3. Il y a une récompense au leader sur chacun des marchés. La position dominante sur un marché est plus facile à tenir que celle de
    "<em>challenger</em>". &nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; En conséquence, ils préconisent :</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; 1. la localisation des entreprises n'est pas indifférente du point de vue de l'intérêt des nations. Les pays doivent se soucier de leur rang dans chacun des
    secteurs de l'économie ; &nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">2. Les nations peuvent choisir de se positionner de façon volontariste sur des activités et doivent se saisir de cette possibilité.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">De fait, on retire l'impression, après avoir fermé ce livre, que la Chine l'a lu et que les Etats-Unis se sont contentés de l'écrire !</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Quelques conclusions partielles des auteurs :</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Entre pays développés et pays en développement, le commerce est bénéfique tant que les écarts de développement sont importants. Lorsqu'il y a rattrapage, le
    commerce devient dommageable pour celui qui perd des parts de marché.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Là où les auteurs rejoignent le discours favorable au libre-échange est sur la recommandation suivante : les pays développés ont intérêt à se spécialiser dans les
    technologies qui évoluent le plus vite. Ce sont celles qui sont les plus difficiles à maîtriser pour les pays en développement.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">L'écart de développement qui permet d'évaluer le caractère mutuellement bénéfique du commerce entre deux pays est même chiffré en termes d'écarts salariaux. Pour
    Baumol et Gomory, il devient délicat de commercer avec des pays qui ont un niveau de salaire qui approche les 50% à 75% du niveau salarial du pays considéré - c'est à dire que les parts de marché
    perdues au profit d'un concurrent également développé entraînent une perte nette de revenu.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Le lecteur pourra trouver que la Chine est très loin d'être à 50% du salaire moyen occidental. C'est exact pour le salaire moyen chinois mais à mon avis c'est faux
    pour le salaire chinois des zones exportatrices de Shanghai et de la côte est par exemple. C'est un sujet d'intérêt pratique que n'abordent pas les auteurs, qui restent entièrement sur un plan
    théorique.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Faut-il pour autant déduire de leurs conclusions que la guerre commerciale et l'autarcie sont un idéal ?</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Baumol et Gomory montrent au contraire que la production mondiale est maximale quand les parts du marché mondial sont réparties proportionnellement entre tous les
    pays. Chaque pays se trouve en dessous de sa production optimale mais la production mondiale est ainsi maximisée. Et la solution où chaque pays est autarcique est clairement sous-optimale.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;Autre point : les auteurs établissent la possibilité d'équilibres sous-optimaux durables. Contrairement à ce que la théorie classique affirme (le
    libre-échange amène spontanément à un niveau optimum de production), le libre-échange peut parfaitement amener à des équilibres durables mais sous-optimaux.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="text-decoration: underline;"><strong><span style="font-size: 12pt;">Conclusion personnelle :&nbsp;</span></strong></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Faut-il renier le libre-échange ? Je ne le crois pas. D'une part, nous ne sommes pas aujourd'hui, très loin de là, dans une situation de libre échange. Comme je
    l'ai avancé précédemment, le <a href="http://www.lalettrevolee.net/article-comment-l-economie-fran-aise-meurt-doucement-du-protectionnisme-42623684.html">protectionnisme monétaire</a> est énorme,
    de la part des Etats-Unis, de la Chine et de l'Allemagne contre le reste du monde.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">D'autre part, Baumol et Gomory invitent plutôt à une approche intermédiaire entre la micro et la macro économie. Ce qui compte, pour un pays donné, est d'obtenir
    une part suffisante du commerce international et d'équilibrer ses échanges. Si ce n'est pas le cas, alors l'intervention publique est parfaitement légitime pour repositionner le pays sur des
    filières porteuses. Sachant que le fait de disparaitre d'une filière donnée relève non pas d'un destin imposé par les lois du libre-échange, mais relève plutôt du hasard et de la
    contingence.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Baumol et Gomory invitent simplement à ne pas être naïvement libre échangiste. Je regrette que leur analyse reste intégralement théorique et confinée au cadre
    habituel de l'échange international où les questions monétaires n'existent pas : pas de modèle de formation des prix dans leurs analyses.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;Un grand livre à mon sens cep</span><span style="font-size: 12pt;">endant, qui devrait inviter le grand public à rejeter le libre échange naïf sans passer
    pour des partisans de l'autarcie : oui les Etats ont des choix stratégiques à faire pour se positionner dans les échanges internationaux, non, le libre marché bienveillant n'y pourvoit pas tout
    seul. En sens inverse, l'ouvrage peut inciter des opposants du libre-échange et les démondialisants radicaux à modérer leurs positions : le rejet complet du marché, l'autarcie, n'ont pas
    d'intérêt, ni pour un pays considéré, ni pour l'ensemble des participants aux échanges.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 08 Oct 2011 11:39:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">9b974666c06579a9362e516c49acd63f</guid>
                <category>Economie</category>        <comments>http://www.lalettrevolee.net/article-global-trade-and-conflicting-national-interests-gomory-et-baumol-85310724-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La fin des classes moyennes]]></title>
        <link>http://www.lalettrevolee.net/article-la-fin-des-classes-moyennes-84630643.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-size: 10pt;">Un papier du <a href="http://www.guardian.co.uk/commentisfree/cifamerica/2011/sep/13/american-middle-class-poverty">Guardian</a> sur les Etats-Unis décrit une
    situation qui risque d'être prochainement celle de toute l'Union européenne.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp; L'auteur y raconte comment la stratégie marketing de Procter &amp; Gamble &nbsp;(Ariel, Gillette, Bonux, Pampers...) fait une croix sur les classes moyennes.
    Le groupe se concentrera sur le haut de gamme et le bas de gamme.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp; Le constat est que la richesse moyenne des américains du quintile central a baissé de 26% dans les deux dernières années. Le revenu médian d'une famille
    américaine est, en valeur réelle, inférieur en 2011 à celui de 1998.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">il y a des ouvriers dans l'automobile à Detroit qui sont embauchés à un salaire divisé par deux par rapport aux ouvriers exerçant la même fonction. L'exemple est
    observé par toute l'industrie américaine (cf. le <a href="http://www.nytimes.com/2011/09/13/business/in-detroit-two-wage-levels-are-the-new-way-of-work.html?_r=1">New York Times</a>).</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Ce mouvement s'inscrit dans une tendance où une partie de la population américaine voit son espérance de vie décroitre. Le Census bureau a révélé qu'un américain
    sur six est sous le seuil de pauvreté, maximum jamais atteint.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">En sens inverse, les 400 familles les plus riches ont une richesse nette égale à celle des 50% d'américains du bas de l'échelle.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">L'article qui a inspiré le Guardian, paru dans le <a href=
    "http://online.wsj.com/article_email/SB10001424053111904836104576558861943984924-lMyQjAxMTAxMDEwMjExNDIyWj.html?mod=wsj_share_email">Wall Street Journal</a>, voit l'un des vice-présidents de
    Procter rappeler que les Etats-Unis ont un indice d'inégalité (coefficient de Gini) comparable aux Philippines ou au Mexique...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><a href="http://si.wsj.net/public/resources/images/P1-BC476_CX_CON_G_20110912165104.jpg"><img alt="wsj.jpg" height="243" width="600" class="CtreTexte" src=
    "http://img.over-blog.com/600x243/0/11/19/18/2011/wsj.jpg"></a>&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><a href="http://robertreich.org/post/10183304775">Robert Reich</a> voit là une tendance lourde : les salaires et les avantages sociaux réduits comme seul moyen de
    contenir le chômage. Il impute ce genre de politique aux républicains. C'est probablement un peu court. Mais la situation lui paraît si grave qu'il en vient quasiment à expliquer que les
    Etats-Unis ne sont pas une zone politique optimale : "<em>les Etats n'ont pas de politique monétaire et ne peuvent donc baisser leur taux d'intérêt pour ranimer la création d'emplois. Ils n'ont
    pas de moyen de ranimer la demande car leurs budgets sont trop faibles et que 49 des 50 Etats ont adopté une règle constitutionnelle leur interdisant les déficits</em>". De quoi réfléchir avant
    d'adopter une règle d'or...</span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    *
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;La réalité, à grands traits, c'est que les dirigeants des grands groupes ont accepté une mondialisation débridée pour accroître leurs bénéfices (remplacer les
    ouvriers syndiqués et bien payés par des chinois, vietnamiens, mexicains...) Tant que les salaires au sommet s'accroissent, on adapte la stratégie y compris marketing. A terme, l'idée est de
    faire cohabiter une grande masse d'américains payés à des niveaux proches de ceux des salariés chinois, avec une super élite mondialisée vivant avec des moyens sans aucune commune mesure. L'idée
    n'est pas nouvelle, ce qui l'est, c'est que sa traduction atteint maintenant la stratégie de groupes comme Procter, autrefois dédiés au bien-être de la classe moyenne. Le seul moyen de contrer
    cette évolution est d'imposer que ce soit les salaires chinois qui rattrapent les nôtres et pas l'inverse, notamment en refusant la sous-évaluation du yuan et du dollar (et la sur-évaluation de
    l'euro). Ce faisant d'ailleurs, nous heurterions tout autant les groupes américains et européens, pour lesquels le pari chinois - celui de <a href=
    "http://www.lalettrevolee.net/article-comment-l-economie-fran-aise-meurt-doucement-du-protectionnisme-42623684.html">la mondialisation à marche forcée qui est un faux libre-échange</a> - est une
    stratégie, que les travailleurs chinois eux-mêmes.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 18 Sep 2011 22:37:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">928c6d1c4f6ab7a5b6cf3aeaa44cc39d</guid>
                <category>Economie</category>        <comments>http://www.lalettrevolee.net/article-la-fin-des-classes-moyennes-84630643-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Dani Rodrik sur les règles pour contrôler la globalisation]]></title>
        <link>http://www.lalettrevolee.net/article-dani-rodrik-sur-les-regles-pour-controler-la-globalisation-64721284.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    Un court papier signalé par <a href="http://twitter.com/#!/adelaigue">un twit de Alexandre Delaigue</a>.
  </p>
  <p>
    Dani Rodrik, professeur d'économie internationale à Harvard, revient sur le thème de la globalisation qu'il souhaite réellement maîtrisée (j'avais évoqué ses travaux <a href=
    "http://www.lalettrevolee.net/article-27561403.html">ici</a>, <a href="http://www.lalettrevolee.net/article-contre-une-gouvernance-mondiale-62151507.html">là</a> et <a href=
    "http://www.lalettrevolee.net/article-capitalisme-3-0-de-dani-rodrik-entre-protectionnisme-et-libre-echange-60318392.html">encore là</a> ou <a href=
    "http://www.lalettrevolee.net/article-27210471.html">ici aussi</a>).
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;Quelques bonnes idées :
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    "<em>Souvent la coopération internationale se fixe des objectifs trop ambitieux, ce qui se traduit par des gaspillages et des résultats médiocres, un nivellement par la bas sur lequel s'accordent
    les pays les plus importants. Quand elle "réussit", la coopération internationale fixe des règles inefficaces ou qui traduisent exclusivement les choix des pays les plus puissants.</em>"
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Oui, ça s'applique parfaitement au cas de l'Union européenne. D'ailleurs, à ce propos, il écrit ceci :
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    "<em>Dans le futur prévisible, la gouvernance démocratique restera limitée à l'intérieur des frontières des Etats-nations. [...] L'UE est peut-être l'unique exception, même si la crise qu'elle
    traverse tend à confirmer la prépondérance des Etats-nations.</em>"
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Sur le protectionnisme, il écrit ceci, qui n'est pas mince :
  </p>
  <p>
    "<em>Nous devrions donc accepter que chaque pays maintienne sa propre réglementation (en termes de fiscalité, de finance, de code du travail, de santé des consommateurs ou de sécurité) et qu'il
    puisse le faire s'il le faut en dressant des barrières douanières, s'il apparaît de toute évidence que le commerce international menace des pratiques culturelles très populaires.</em>"
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;Il conclut ainsi :
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    "<em>Tels sont les principes que les architectes du prochain ordre économique mondial doivent d'accepter. Mais ils doivent surtout comprendre le paradoxe ultime que chacun de ces principes met en
    évidence : la mondialisation sera d'autant plus efficace qu'on ne la poussera pas trop loin.</em>"
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;Cet article excellent est à lire en français <a href="http://www.project-syndicate.org/commentary/rodrik52/French">sur le site du Project Syndicate</a>.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 10 Jan 2011 23:27:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">fc5e2472b2cd3dc7b1a768f8b1cf7802</guid>
                <category>Economie</category>        <comments>http://www.lalettrevolee.net/article-dani-rodrik-sur-les-regles-pour-controler-la-globalisation-64721284-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Contre une gouvernance mondiale]]></title>
        <link>http://www.lalettrevolee.net/article-contre-une-gouvernance-mondiale-62151507.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    Dans une présentation faite à la London School of Economics, Dani Rodrik, professeur d'économie politique internationale à Harvard donnait <a href=
    "http://www.lalettrevolee.net/article-capitalisme-3-0-de-dani-rodrik-entre-protectionnisme-et-libre-echange-60318392.html">de nombreuses raisons pour freiner la globalisation</a>. Il s'agit selon
    lui de mettre un peu de sable dans tous les rouages : commerciaux, financiers etc.
  </p>
  <p>
    Son argumentaire est excellent et pour ma part j'y souscris. Il manquait juste un peu de chair et sa conférence ressemble plus au plan d'un livre qui demanderait à être illustré de cas concrets
    qu'à une démonstration complète.
  </p>
  <p>
    Dans une chronique publiée par le Project Syndicate (<a href="http://www.project-syndicate.org/commentary/rodrik50/French">Non à toujours plus de gouvernance mondiale</a>), Rodrik précise sa
    pensée et se prononce contre une gouvernance mondiale. L'idée qu'une politique mondiale unique (monnaie mondiale à la Attali, coordination étroite entre méga-régions mondiales ou autres avatars
    de la même idée) conviendrait à tous est une idée dangereuse.
  </p>
  <p>
    Il donne des cas très concrets où l'adoption de règles mondiales produit des effets pervers extrêmement pernicieux.
  </p>
  <p>
    Par exemple, l'interdiction des subventions aux entreprises, imposée par l'OMC, a conduit la Chine à une politique d'alignement strict du yuan sur le dollar. Empêchée de soutenir directement ses
    entreprises, la Chine a dû ainsi recourir à un soutien monétaire indirect qui est sans doute pire que le mal que l'OMC entendait prévenir.
  </p>
  <p>
    Pour s'ouvrir à l'économie globalisée, les pays en développement en général prennent des mesures qui sont encore plus déstabilisantes que si le cadre de leurs politiques nationales avait été
    préservé. Par exemple, ils accumulent des réserves en devises pour faire face aux "coups durs" qu'imposent les marchés financiers (ce phénomène ne touche d'ailleurs pas que les pays en voie de
    développement, on voit bien qu'en Europe ce comportement de cigale est en train de devenir une norme délétère).
  </p>
  <p>
    Un auteur à suivre...
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 01 Dec 2010 21:24:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">706d123abd9b1c742b07c0708041bb66</guid>
                <category>Economie</category>        <comments>http://www.lalettrevolee.net/article-contre-une-gouvernance-mondiale-62151507-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Capitalisme 3.0, de Dani Rodrik, entre protectionnisme et libre-échange]]></title>
        <link>http://www.lalettrevolee.net/article-capitalisme-3-0-de-dani-rodrik-entre-protectionnisme-et-libre-echange-60318392.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    Dani Rodrik est professeur d'économie politique internationale à la <em>Kennedy School of government</em>, à Harvard. Il n'y a pas beaucoup plus prestigieux dans le monde universitaire en
    économie.
  </p>
  <p>
    Il a à mon sens une approche extrêmement fine et intelligente des problèmes actuels, qui mêle des considérations économiques et politiques sans avoir trop l'air d'y toucher.
  </p>
  <p>
    Dans une conférence à la London School of Economics, en juin 2009, Rodrik a discuté de l'avenir du capitalisme globalisé. Les idées qu'il a défendues dans cette conférence complètent parfaitement
    quelques articles de lui que j'avais déjà cités ici, notamment un qui permettait de conclure - selon moi - à <a href="http://www.lalettrevolee.net/article-27561403.html">l'impossibilité d'une
    démocratie européenne</a>.
  </p>
  <p>
    Le site de la LSE permet de consulter <a href="http://www2.lse.ac.uk/PublicEvents/events/2009/20090311t1914z001.aspx">le powerpoint de la conférence</a>, ainsi qu'une vidéo (que je n'ai pas vue).
  </p>
  <p>
    Comme j'aime bien les traductions (<a href="http://www.lalettrevolee.net/article-24289182.html">poème</a> ou <a href="http://www.lalettrevolee.net/article-10686149.html">conférence</a>), j'ai
    traduit sa présentation. Les limites du système powerpoint sont que l'on n'a accès qu'à un squelette de démonstration, sans la chair qui va avec. En échange, on va à l'essentiel et les
    articulations du raisonnement ressortent mieux.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Quelques remarques personnelles avant de vous laisser lire. L'idée générale de Rodrik est que la mondialisation à marche forcée (avec l'objectif d'une intégration forte des économies - <em>deep
    integration</em>), est néfaste. L'originalité de sa position est qu'elle ne repose que très peu sur des arguments de type protectionniste.
  </p>
  <p>
    Il avance en effet que le libre échange généralisé et absolu n'est ni possible, ni souhaitable. Les règles locales, nationales le plus souvent, qui freinent le libre échange ont des motifs, et ne
    peuvent être supprimées sans dangers (pas mal d'exemples concrets sont fournis). Deux obstacles complémentaires : on ne surmonte les "frottements" des régulations nationales qu'en méprisant les
    souverainetés ; par ailleurs il faut, pour de tels efforts de normalisation, un pouvoir réglementaire central qui n'existe pas.
  </p>
  <p>
    Il écarte donc toutes les théories, souvent bien portées à gauche, qui consisteraient à vouloir créer une sorte de "keynésianisme mondial", avec une coordination mondiale des politiques monétaire
    et budgétaire (<em>mutatis mutandis</em>, cet argument vaut également pour l'Union européenne, dont l'échec fait la démonstration quotidienne de la justesse des arguments de Rodrik : il n'y a
    aucun sens à vouloir unifier les politiques européennes, car il n'y a pas de volonté européenne et les volontés nationales restent fortes).
  </p>
  <p>
    &nbsp; Rodrik amène de nombreux arguments originaux, qui recoupent sur certains points ceux de <a href=
    "http://www.lalettrevolee.net/article-l-esprit-de-philadelphie-la-justice-sociale-face-au-marche-total-alain-supiot-53053685.html">Alain Supiot</a>. Par exemple sur le fait qu'il n'est pas
    logique de permettre aux industriels, via les délocalisations, d'échapper aux normes sociales des pays développés.
  </p>
  <p>
    Je m'arrête là. Au final, aucun des arguments de Rodrik n'est révolutionnaire. Mais il occupe une position originale, soulignant les coûts réels de la globalisation,&nbsp;<strong>que ce soit une
    globalisation des échanges ou du pouvoir politique</strong>, critiquant donc aussi bien la "droite libérale" que la "gauche constructiviste". Les tenants d'un "protectionnisme européen" sont à
    mon avis aussi hors jeu, à la lumière des analyses de Rodrik, que des tenants d'un libre-échange généralisé (même si Rodrik, lorsqu'il pose que l'on ne peut dépasser le cadre national comme lieu
    de réglementation, écrit "à l'exception de l'Union européenne", avec un point d'interrogation).
  </p>
  <p>
    &nbsp; A mon sens, la justification ultime de sa position est plus politique qu'économique (gérer une globalisation limitée est le seul moyen de conserver une place à la démocratie en général et
    à la politique économique en particulier. Pour cela, relire un <a href="http://www.lalettrevolee.net/article-27561403.html">commentaire d'un de ses articles antérieurs</a>). Elle n'en est que
    plus respectable. On pourrait retourner son raisonnement ainsi : il n'est pas légitime de mettre en place des régulations globales par dessus l'avis des populations, redonnons donc du jeu aux
    nations et voici comment faire. Point n'est besoin, de toute façon, de retourner l'argumentation de Rodrik, l'actualité montre que la globalisation profonde n'est pas plus efficace qu'elle n'est
    légitime. Voilà en tout cas une conférence qui balaie un vaste champ d'interrogations et pourrait ouvrir pas mal de débats.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp; Et voici pour finir donc, l'essai de traduction :
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h1>
    Capitalisme 1.0 : le miracle des marchés
  </h1>
  <p>
    • Idée fondamentale : le marché est le moteur économique le plus créatif et dynamique connu de l’homme
  </p>
  <p>
    • Dans sa version la plus classique (scolaire), encore enseignée, il est associé à un état minimal
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Limité à la défense, la protection des droits de propriété et la justice
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Au passage, Adam Smith était sans doute plus complexe dans ses opinions
  </p>
  <p>
    • Cette version est celle des libéraux du XIXème et celle des libertariens d’aujourd’hui
  </p>
  <h1>
    Capitalisme 2.0 : les fondements institutionnels du marché
  </h1>
  <p>
    • Idée fondamentale : les marchés ne sont pas issus d’une génération spontanée, ne se régulent pas d’eux-mêmes, sont instables et ne peuvent trouver en eux-mêmes leur justification
  </p>
  <p>
    • Ils ont donc besoin d’être encastrés dans une variété d’institutions
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Réglementation, redistribution, politique monétaire et budgétaire, gestion des conflits d’intérêt…
  </p>
  <p>
    • Application pratique : Keynes et l’état providence
  </p>
  <p>
    • Le capitalisme est national, pas mondialisé
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Les accords de Bretton-Woods ont rendu le système viable en jetant des « grains de sable dans les rouages » du commerce et de la finance internationaux
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
     Il y a à la fois contrôle des mouvements de capitaux et des accords commerciaux peu stricts
  </p>
  <h1>
    Capitalisme 2.1 : aux racines de la crise
  </h1>
  <p>
    • Deux points aveugles du néolibéralisme :
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Une volonté d’intégration rapide du commerce et de la finance internationaux, avec l’idée que les règles institutionnelles suivront plus tard
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Une absence de prise en compte des effets de cette globalisation sur les compromis (arrangements) nationaux
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
     Par exemple, la concurrence fiscale est jugée souhaitable
  </p>
  <p>
    • Programme affiché : globalisation financière et intégration profonde par le biais de l’OMC
  </p>
  <p>
    • Résultats :
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o La légitimité du régime de commerce international s’effrite
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Crise financière
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
     La faiblesse de la régulation financière associée à une mauvaise gestion de la relation entre capitalismes chinois et américain donne lieu à des déséquilibres macroéconomiques globaux
  </p>
  <h1>
    Le problème fondamental de l’économie mondiale
  </h1>
  <p>
    • Déséquilibre entre l’échelle des marchés (mondiale) et celle de la réglementation (principalement nationale)
  </p>
  <p>
    • Que sera le capitalisme 3.0 ?
  </p>
  <p>
    • La tentation d’une version globalisée du capitalisme 2.0
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Réglementation globale, standards mondiaux, filets de sécurité mondiaux etc.
  </p>
  <p>
    • C’est irréaliste
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Cela suppose qu’une gouvernance globale est possible et que les états nationaux abandonneront leur souveraineté
  </p>
  <p>
    • Surtout, ce n’est pas souhaitable
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Les besoins des nations sont différents de même que leurs préférences
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
     Par exemple équilibre entre innovation financière et stabilité financière
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
     Par exemple le besoin de transformation structurelle dans les pays en voie de développement
  </p>
  <h1>
    Les contraintes de la globalisation : l’exemple des pays développés
  </h1>
  <p>
    • Droit du travail
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Les salariés sont protégés au niveau national par des lois qui répriment le travail des enfants. Faut-il permettre au commerce international de contredire à ces lois ?
  </p>
  <p>
    • Protection de l’environnement
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Si les populations européennes veulent un niveau de protection plus élevé, faut-il que le commerce international les en empêche ?
  </p>
  <p>
    • Débordements réglementaires
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Faut-il accepter, par principe, le commerce de produits financiers même quand ceux-ci sont mal réglementés dans leur pays d’origine (par exemple pour le commerce des actifs financiers titrisés)
    ?
  </p>
  <p>
    • Entraves réglementaires
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Faut-il que les sociétés étrangères aux Etats-Unis soient plus protégées que les sociétés nationales ? (c’est le cas du fait de certaines règles du marché unique nord-américain – NAFTA – ou de
    certains accords d’échanges bilatéraux)
  </p>
  <p>
    • Manipulations monétaires
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Est-il juste que les règles de l’OMC autorisent de répliquer à des mesures de protection douanière mais pas à des monnaies sous-évaluées ?
  </p>
  <p>
    • Le financement redistributif de la protection sociale
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o La taxation du capital et des compétences ont historiquement permis de financer les programmes d’assurance sociale. Faut-il que la mobilité de ces facteurs mette en danger ce « contrat social
    de base » ?
  </p>
  <p>
    • Le commerce et le progrès technique
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Au niveau national, la R&amp;D et le progrès technique sont très encadrés (par exemple la recherche sur les cellules souches). Faut-il que le commerce, qui est similaire au progrès technique,
    reste dérégulé ?
  </p>
  <p>
    Toutes ces questions sont complexes et n’appellent pas de réponses simples. Elles sont rendues d’autant plus importantes par la délocalisation des services.
  </p>
  <p>
    Le réalisme et l’esprit pratique réclament qu’elles soient d’abord résolues dans un cadre national, du fait de la grande diversité mondiale des règles et pratiques.
  </p>
  <p>
    De fait, le modèle de super-intégration globale (<em>deep integration</em>) (capitalisme 2.0 globalisé) créerait d’énormes coûts de transaction [<em>ndt : pour aplanir cette diversité de
    règles</em>].
  </p>
  <h1>
    Les contraintes de la globalisation pour les pays en développement
  </h1>
  <p>
    • Règles commerciales
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Les accords sur les aides publiques, les droits de propriété intellectuelle, la protection des investisseurs étrangers et autres accords sur les services conduisent à restreindre la place des
    politiques industrielles
  </p>
  <p>
    • Marchés de capitaux internationaux
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Les règles financières internationales ne laissent pas de place aux banques de développement et à la réglementation du crédit
  </p>
  <p>
    • Les règles monétaires
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o L’indépendance des banques centrales et le non-encadrement des changes empêchent de jouer du taux de change comme d’un instrument d’une stratégie de développement
  </p>
  <p>
    • Les zones de libre échange et les accords de commerce bilatéraux renforcent bien souvent les contraintes déjà citées
  </p>
  <h1>
    Règles pour un capitalisme 3.0
  </h1>
  <p>
    • Les marchés doivent être solidement encastrés dans des systèmes réglementaires pour fonctionner correctement
  </p>
  <p>
    • Les règles et le jeu démocratiques sont organisés très largement au niveau des états-nations et le resteront vraisemblablement dans un futur prévisible
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o A l’exception peut-être de l’Union européenne ? [<em>ndt : certainement pas</em>]
  </p>
  <p>
    • Il n’y a pas de solution unique : les arrangements institutionnels qui sous-tendent le jeu du marché sont différents selon les besoins et préférences nationaux
  </p>
  <p>
    • Les pays ont le droit de protéger leurs réglementations sociales et leurs institutions
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Mais n’ont pas le droit de les imposer à d’autres
  </p>
  <p>
    • Les accords économiques internationaux en matière de commerce et d’échanges doivent permettre de conserver une consistance réelle aux arrangements nationaux mis en place
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Les pays qui le souhaitent peuvent être totalement dérégulés
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Quand la dérégulation n’est ni faisable ni souhaitable, des règles doivent gérer l’interface entre les différents arrangements nationaux
  </p>
  <p>
    • Les pays non démocratiques ne reflètent pas les préférences de leurs populations, il peut être justifié dans ce cas de leur imposer des règles plus strictes dans l’architecture internationale
    du capitalisme 3.0
  </p>
  <h1>
    Nouveau cadre commercial
  </h1>
  <p>
    • Il est nécessaire pour gérer la relation entre les différents régimes réglementaires nationaux
  </p>
  <p>
    • Le nouveau cadre commercial doit permettre :
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Aux pays riches de fournir une couverture sociale et plus généralement, en matière de santé, de droit du travail, de protection de l’environnement, de normes de sécurité en matière commerciale,
    de pouvoir raccourcir les « circuits de décision »
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Aux pays pauvres de se restructurer pour bénéficier au mieux de la globalisation
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o A l’ensemble des pays de se doter d’institutions financières et de cadres réglementaires adaptés à leurs besoins et situations spécifiques
  </p>
  <h1>
    A quoi peut ressembler ce nouveau cadre d’échanges ?
  </h1>
  <p>
    Un exemple tiré des règles en matière d’échanges commerciaux : une généralisation des clauses de sauvegarde de l’OMC
  </p>
  <p>
    • Il faut autoriser les pays à imposer des droits de douane dans certaines circonstances
  </p>
  <p>
    • La logique sous-jacente : mieux vaut une exemption négociée des clauses de libre-échange plutôt que des exemptions désorganisées
  </p>
  <p>
    • Ces clauses seraient limitées aux cas suivants :
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Un envol des importations, relié à un effondrement de l’industrie nationale ; l’exemption serait accordée sur le modèle de la clause de la nation la plus favorisée, serait temporaire et
    donnerait droit à indemnisation
  </p>
  <p>
    • Ces clauses pourraient être élargies pour le cas où la légitimité du commerce international devient suspicieuse
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Dans le cadre de procédures transparentes et encadrées par des arrangements institutionnels formalisés
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
     Ces procédures garantiront que le commerce est effectivement bénéfique
  </p>
  <p>
    • Une boîte à outils pour les pays en développement
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Il doit être reconnu que les pays en développement ont besoin de recourir à des politiques de subvention ainsi qu’à d’autres pratiques aujourd’hui interdites
  </p>
  <p>
    • On gagne ainsi de l’espace pour la réglementation au détriment de l’accès au marché
  </p>
  <p>
    • Risque de dérapage ?
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Il est limité si l’on se fonde sur les pratiques en matière de réglementation anti-dumping
  </p>
  <p>
    Application au cas de la finance : un régime fondé sur des règles nationales mais cohérent globalement
  </p>
  <p>
    • Il faut admettre que la réglementation financière restera fondée sur des bases nationales, pas internationales
  </p>
  <p>
    • Il faut admettre que les différents pays et régions feront des choix différents
  </p>
  <p>
    • Il faut admettre que les pressions seront fortes pour que les différentes réglementations soient harmonisées
  </p>
  <p>
    • Il faut admettre que les gouvernements ont le droit de réglementer les transactions internationales pour garantir l’effectivité des leurs réglementations nationales
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Il y a une analogie évidente avec les dommages de la concurrence fiscale
  </p>
  <p>
    • La fragmentation réglementaire qui résultera de ces règles doit être reconnue comme le prix à payer pour la stabilité financière
  </p>
  <p>
    • En nous basant sur l’expérience des 25 dernières années, nous ne devons pas surestimer les coûts d’une certaine déglobalisation en matière financière
  </p>
  <h1>
    Un dernier mot : l’avenir de la globalisation
  </h1>
  <p>
    • La pire des hypothèses : un retour aux années 30
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Le retour à un protectionnisme tarifaire comme dans les années 30 est improbable
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
     C’est une des leçons que nous avons tirée de cette expérience
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Sauf si la récession aux Etats-Unis s’aggrave
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Et/ou si la transition vers un nouveau régime international est mal gérée
  </p>
  <p>
    • Une erreur de sens inverse serait de vouloir porter l’intégration économique mondiale à un degré encore supérieur
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o via des initiatives en matière de régulation financière ou de supervision, ou des constructions institutionnelles
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
     Par exemple en instaurant un régulateur financier mondial, ou en faisant du FMI un véritable prêteur en dernier ressort
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Ou en revenant à un programme d’intégration forte du commerce mondial
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Le problème de telles initiatives :
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
     C’est méconnaître et sous-estimer le nécessaire substrat politique et institutionnel nécessaire à l’intégration
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
     C’est porter trop d’espoir dans l’existence d’une volonté globale et sous-estimer la résistance des souverainetés nationales
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
     C’est une recette assurée pour subir un retour de bâton qui nous laissera désarmés face à l’instabilité
  </p>
  <p>
    • Un scénario préférable : un degré intermédiaire d’intégration
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Il faut revenir à quelque chose de similaire à l’esprit de Bretton-Woods
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
     En recréant un « libéralisme encastré » (dans des institutions)
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Un recul nécessaire par rapport au libéralisme débridé des années 90 et suivantes, qui a essayé d’instaurer une intégration profonde :
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
     Libéralisation commerciale effaçant les frontières sous l’égide de l’OMC
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
     Règne de l’intégration financière et de la liberté des mouvements de capitaux
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Sans rompre avec l’esprit de la mondialisation
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
     Les entraves aux échanges doivent être faibles ou modérées, au pire, et les contrôles des mouvements de capitaux sont plus préventifs que punitifs
  </p>
  <p style="padding-left: 60px;">
     Qui n’a pas empêché une croissance considérables du commerce et des investissements dans les années 60-70
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Le point clé réside dans la possibilité de redonner de l’espace aux politiques nationales lorsqu’il y a conflit entre les normes nationales et les exigences de l’intégration internationale
  </p>
  <p style="padding-left: 30px;">
    o Ce modèle permet de pallier l’inexistence d’un leadership ou d’une volonté de coopération mondiale, sans sacrifier les nombreux avantages de la globalisation (la croissance, par exemple)
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 04 Nov 2010 23:13:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">3b3bd2ff909d0c5be0baf96e390e7948</guid>
                <category>Economie</category>        <comments>http://www.lalettrevolee.net/article-capitalisme-3-0-de-dani-rodrik-entre-protectionnisme-et-libre-echange-60318392-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Retraites : un bon papier chez Contre Info]]></title>
        <link>http://www.lalettrevolee.net/article-retraites-un-bon-papier-chez-contre-info-60031669.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    Contre Info est un excellent site, dont l'auteur traduit en français des articles de la presse internationale, souvent fort pertinents.
  </p>
  <p>
    <a href="http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3085">L'un des derniers</a> est signé d'un économiste américain, Mark Weisbrot, co-fondateur du <a href=
    "http://www.cepr.net/index.php/about-us/">Center for Economic Policy and Research</a>, un <em>think tank</em> américain qui compte à son conseil d'orientation des pointures de la taille de Robert
    Solow ou Joseph Stiglitz.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    A contre courant du cliché qui vouidrait que la totalité de la planète se moque des irresponsables grévistes &nbsp;français, Weisbrot titre sur le fait que les grévistes français rendent à la
    planète un service collectif (<em>the French are fighting for all our benefits</em>).
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Il revient sur la mécanique qui rend supportable et envisageable le maintien de la retraite à 60 ans :
  </p>
  <p>
    "<em>L’âge de la retraite en France a été modifié la dernière fois en 1983. Depuis lors, le PIB par personne a augmenté de 45%. L’augmentation de l’espérance de vie est très faible en
    comparaison. Le nombre de travailleurs par retraité est passé de 4,4 en 1983 à 3,5 en 2010, mais la croissance du revenu national a été bien plus que suffisante pour compenser l’évolution
    démographique, y compris l’évolution de l’espérance de vie.</em><br>
    <br>
    <em>La situation est similaire concernant le futur : <strong>la croissance du revenu national au cours des 30 ou 40 prochaines années sera bien plus que suffisante pour financer les augmentations
    des dépenses de pension due à l’évolution démographique, tout en permettant aux générations futures de bénéficier d’un niveau de vie bien plus élevé qu’aujourd’hui.</strong> Il s’agit d’un choix
    social, consistant à déterminer de combien d’années de retraite les gens veulent bénéficier et comment ils veulent les financer.</em>"
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;Lisez <a href="http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3085">l'article sur Contre Info</a> (envoyez-le au PS, à la CFDT et à la CGT, qui ont l'air de laisser tomber), et lisez aussi
    au passage <a href="http://contreinfo.info/article.php3?id_article=19">l'histoire de Contre Info, un site à soutenir</a>.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 31 Oct 2010 20:07:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">2c14af0bdf3c9afc3fb8d62b6a3efb76</guid>
                <category>Economie</category>        <comments>http://www.lalettrevolee.net/article-retraites-un-bon-papier-chez-contre-info-60031669-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Ne pas (trop) taper sur la Chine]]></title>
        <link>http://www.lalettrevolee.net/article-ne-pas-trop-taper-sur-la-chine-58724111.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    C'est le conseil de Robert Reich, qui <a href="http://robertreich.org/post/1285369087">recommande d'éviter la recherche de boucs émissaires</a> notamment chinois.
  </p>
  <p>
    De fait, c'est devenu maintenant une facilité : tous les maux de l'économie internationale sont dus au yuan. Reich explique que c'est également l'assèchement de la demande intérieure qui a causé
    les déboires américains.
  </p>
  <p>
    &nbsp; Il met cet assèchement sur le compte d'une hausse des inégalités - il remarque qu'en 1928 comme en 2007 le revenu du 1% supérieur des américains est à son maximum.
  </p>
  <p>
    Il oublie ce faisant, que cette concentration des richesses ne s'est pas faite du seul fait de l'égoisme des "riches".
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    C'est bien l'option de la libéralisation des échanges commerciaux et monétaires qui a provoqué les problèmes et c'est de réformes dans ce domaine que proviendra la solution :
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    1. la libéralisation du commerce a permis aux actionnaires et à ceux qui travaillent pour eux (dirigeants et cadres supérieurs, publicitaires, experts comptables, avocats...) de s'enrichir en
    vendant à prix américain des produits payés avec des salaires chinois, vietnamiens ou mexicains (Apple, Nike sont des archétypes) ;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    2. Comme les travailleurs de la classe moyenne américaine ont été exclus de ce système, car eux perdaient leurs jobs, la libéralisation financière a permis de leur faire croire, à coup de
    surendettement, que le libéralisme commercial &nbsp;jouait aussi en leur faveur ;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    3. Au moment où le système atteint deux fois ses limites - la classe moyenne américaine ne peut plus rembourser, les classes dirigeantes américaines se rendent compte que les chinois savent aussi
    créer des groupes multinationaux, menaçant les positions des dirigeants et cadres sups - une union sacrée est prononcée sur le dos des chinois.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    4. Là où Reich est à mon avis un peu court, c'est qu'en n'expliquant pas la logique qui a mené à une explosion des inégalités, on ne voit pas bien par quel miracle ces inégalités diminueraient.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    5. Paul Krugman montre par ailleurs qu'en réalité l'état américain, même au plus fort de la crise, <a href="http://www.nytimes.com/2010/10/11/opinion/11krugman.html?_r=1">n'a pas réellement
    augmenté ses dépenses</a>. On pourrait donc jouer sur l'investissement public, mais si c'est pour relancer l'importation d'Ipod, d'Ipad et de Nike Air, c'est reculer pour mieux sauter.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    6. Ce qui &nbsp;élèverait les salaires de la classe moyenne, aux Etats-Unis et en Europe, c'est de produire de la valeur ajoutée (désolé pour les gros mots), et pas de cliquer sur Google ou de
    rêver à une e-economie débarassée du fardeau de la production de biens matériels (comme si les chinois étaient voués éternellement à jouer le rôle du pue-la-sueur).
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    7. Ce qui permettrait le redéveloppement d'une activité industrielle, c'est un juste échange. Un vrai. Pas les voeux pieux du PS, un vrai juste échange. C'est à dire des monnaies justement
    évaluées (pour les français, cela suppose une réévaluation du yuan, mais aussi du dollar et du mark). C'est à dire aussi des taxes frappant les biens produits, à l'étranger, dans des conditions
    sociales qui vaudraient ici la prison aux employeurs : un ballon produit par des enfants ou par des salariés sans couverture médicale serait également taxé.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    8. Comme il n'y a pas de raison de &nbsp;gifler la Chine après avoir bénéficié de la sueur de ses travailleurs (qui n'a pas acheté un Ipod ou autre gadget fariqué en Chine à la moitié ou au tiers
    du prix qu'il aurait dû payer si les travailleurs chinois bénéficiaient de conditions sociales décentes ?) ; il conviendrait de n'introduire ces taxes qu'à travers un calendrier progressif
    portant sur 5 à 10 années. En échange de cette progressivité, la Chine pourrait accepter de réévaluer progressivement sa monnaie. Et les Etats-Unis d'accepter enfin de travailler à la mise en
    place d'une monnaie de réserve internationale.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    9. Ces propositions, pour être crédibles, doivent être prises dans un cadre national. Elles peuvent l'être, par des pays désireux de montrer l'exemple. Passées à la moulinette de l'OMC ou de
    l'Union européenne, elles n'ont aucune chance d'arriver en temps utile. Il faut, pour jouer ce jeu, pour emprunter cette voie médiane, un pays qui ne soit pas les Etats-Unis - trop accrochés aux
    facilités de la manipulation du cours du dollar ; ni la Chine, qui croit arrivé le temps de sa revanche définitive ; ni l'Union européenne, qui est un ectoplasme politique. Un pays européen
    libéré du carcan des 27 ferait l'affaire... Oui, j'ai un nom en tête.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 11 Oct 2010 21:52:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">596e4f3d1c100c673d6666c21ba78822</guid>
                <category>Economie</category>        <comments>http://www.lalettrevolee.net/article-ne-pas-trop-taper-sur-la-chine-58724111-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Relocaliser les emplois...]]></title>
        <link>http://www.lalettrevolee.net/article-relocaliser-les-emplois-57845547.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    C'est la mode. La semaine prochaine, le <a href="http://readersupportednews.org/off-site-news-section/52-52/3439-senate-to-vote-on-keeping-jobs-in-us">Sénat américain votera</a> pour savoir s'il
    convient de débattre d'une loi récompensant les entreprises américaines qui rapatrieront leur production aux Etats-Unis.
  </p>
  <p>
    C'est une bonne nouvelle au sens où cela signifie qu'on commence, chez les démocrates, à se soucier <span style="text-decoration: line-through;">des élections qui approchent</span>&nbsp;de la
    désindustrialisation à outrance du pays. C'est une mauvaise nouvelle pour ceux qui en attendraient quelque chose aux Etats-Unis, car une mesure similaire a <a href=
    "http://www.lefigaro.fr/entreprise/2009/10/15/05011-20091015ARTFIG00573-industrie-une-prime-a-la-relocalisation-.php">déjà été prise en France</a>, sans grande efficacité...
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 27 Sep 2010 21:04:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">8059536f61f5a7a601b4815d25a5c7ff</guid>
                <category>Economie</category>        <comments>http://www.lalettrevolee.net/article-relocaliser-les-emplois-57845547-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Patrick Artus contre les évidences du bon sens]]></title>
        <link>http://www.lalettrevolee.net/article-patrick-artus-contre-les-evidences-du-bon-sens-51011688.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il est fascinant de constater à quel point les médias peuvent imposer le formatage des discussions politiques.</span><span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il est admis sur le plan international que les dettes publiques sont le problème du moment et en France qu'il n'y a rien de plus urgent que de résoudre le problème
    des retraites. Difficile de sortir de là.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">On peut donc voir un François Bayrou opposé à Stiglitz en une du Monde, imposant son bon sens paysan qui en appelle à la rigueur budgétaire au beau milieu d'une
    crise sans précédent.</span><span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Contre &nbsp;cela, il est intéressant de lire, sous la plume de l'économiste en chef de Natixis, Patrick Artus, que le bon moyen pour sortir de la crise aujourd'hui
    n'est pas de réduire la dépense publique, mais d'élever les salaires dans le secteur privé...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <a href="http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=53062"><span style="font-size: 10pt;">Sa note à ce sujet mérite lecture</span></a><span style="font-size: 10pt;">, j'en reproduis l'introduction
    :</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <em><span style="font-size: 10pt;">Dans la totalité des grands pays de l’OCDE, le partage des revenus se déforme ou va se déformer au détriment des salariés.</span></em>
  </p>
  <p>
    <em><span style="font-size: 10pt;"><br></span></em><em><span style="font-size: 10pt;">La hausse induite de la part des profits dans le PIB est dans la plupart des pays peu utile, car elle ne
    finance pas un supplément d’investissement des entreprises en raison de la situation d’excès de capacité de production.</span></em>
  </p>
  <p>
    <em><span style="font-size: 10pt;"><br></span></em><em><span style="font-size: 10pt;">L’affaiblissement de la demande des ménages qui résulte, d’abord de l’arrêt de leur endettement, puis
    maintenant de la déformation du partage des revenus, est une des causes essentielles des déficits publics et de la hausse des taux d’endettement public.</span></em>
  </p>
  <p>
    <em><span style="font-size: 10pt;"><br></span></em><em><span style="font-size: 10pt;">Compte tenu de la situation des finances publiques, il serait efficace d’éviter la déformation du partage des
    revenus au détriment des salariés, ce qui soutiendrait la demande privée et contribuerait à la réduction des déficits publics.</span></em>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span><span style="font-size: 10pt;">La conclusion vaut aussi le détour :</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <em><span style="font-size: 10pt;">La faiblesse des salaires renforçant celle de la demande intérieure contribue à l’ouverture des déficits publics. Etant données les difficultés de financement
    aujourd’hui rencontrées par les Etats, il vaudrait mieux éviter la déformation du partage des revenus au détriment des salariés et réduire, ce qui serait alors plus facile, les déficits
    publics.</span></em><span style="font-size: 10pt;"><br></span><span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span><span style="font-size: 10pt;">Conclusion pour qui sait lire : pas la peine de réduire les déficits publics si l'on ne soutient pas les salaires dans le
    même temps, la priorité étant le soutien des salaires, qui ont décroché par rapport à la hausse de la productivité.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;*</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">A envoyer à François Bayrou et à tous ceux qui essaient de redorer leur blason en jouant aux pères fouettard à bon compte et à mauvais escient.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 25 May 2010 00:20:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">b149ea53e2b89ddf41735ea388e54ab5</guid>
                <category>Economie</category>        <comments>http://www.lalettrevolee.net/article-patrick-artus-contre-les-evidences-du-bon-sens-51011688-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
 </channel>

</rss>
